Retour à Londres depuis Shanghai — Partie 2
C’est une épreuve silencieuse que de rester africain dans un monde déjà structuré par la puissance.
L’intellectuel africain est trop souvent placé devant une alternative existentielle: accepter la précarité ou choisir l’exil pour exercer dignement son métier.
Dans ces conditions, je comprends qu’« ACHILLE MBEMBE » ait choisi l’exil : nous n’avons qu’une seule vie.
Mais ici, à Shanghai, comme depuis longtemps en Europe, un autre principe s’impose : celui de la dignité de l’enseignant, reconnu comme formateur de la société.
J’ai vu des universités connectées au futur.
J’ai vu une jeunesse formée pour produire, non pour attendre.
J’ai vu des chercheurs placés au cœur de la compétition mondiale.
J’ai vu des infrastructures pensées à l’échelle des générations.
J’ai vu une nation qui traite la technologie comme un instrument de souveraineté.
J’ai également rencontré Ban Ki-moon, ancien Secrétaire général des Nations Unies, témoin d’un monde dont les centres de gravité se redessinent.
Et pendant ce temps, que fait trop souvent l’Afrique ?
Elle parle de politique sans parler de production.
Elle parle de pouvoir sans parler de savoir.
Elle parle d’élections sans parler d’ingénieurs.
Elle parle de souveraineté sans parler d’usines, de brevets, de laboratoires, de données, d’énergie.
Le drame africain n’est pas l’absence de génie.
Le drame africain est une mauvaise hiérarchie des urgences.
Pr Jimmy Yab
Président National du MLDC
Parti politique créé en 1998


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