Mercredi 25 mai 2022 — Palais des Congrès de Yaoundé
Du protocole inaugural aux premières controverses scientifiques sur la Belt and Road Initiative en Afrique francophone

La première journée du colloque a donné sa tonalité intellectuelle et symbolique à l’ensemble de l’événement. Présidée par le Pr Mathias Owona Nguini, elle a articulé un temps protocolaire fort — arrivée des invités, cérémonie d’ouverture, hommage, discours officiels, leçon inaugurale et photo de famille — puis une séquence scientifique dense consacrée aux enjeux politiques, géopolitiques et historico-politiques de l’Initiative la Ceinture et la Route dans l’espace francophone africain.

Le 25 mai 2022 n’a pas été une simple journée d’ouverture. Il a constitué le moment où le colloque a exposé sa double ambition : installer une scène institutionnelle crédible et ouvrir un espace de débat de haut niveau sur les recompositions du monde contemporain à travers la Belt and Road Initiative. Le programme officiel montre clairement cette montée en puissance, depuis l’accueil des invités dès 7h30, jusqu’à la fin des travaux après le dernier axe de l’après-midi.
L’arrivée des invités : l’entrée dans le temps du colloque
La première journée commence par l’arrivée progressive des invités et des intervenants entre 7h30 et 8h30, suivie de l’arrivée des invités spéciaux entre 8h30 et 9h30.









La cérémonie d’ouverture : le moment de légitimation
La cérémonie d’ouverture, prévue de 10h à 11h15, constitue le cœur symbolique de la première journée. Elle s’ouvre avec le mot de bienvenue de Jimmy Yab, président de l’OCAF et coordonnateur du colloque. Elle comprend ensuite un hommage à l’Ambassadeur Eleih Elle Etian, présenté comme précurseur du FOCAC et doyen du corps diplomatique africain en République populaire de Chine, hommage porté par Mbatoumou Constance Odile et le Pr Lucien Ayissi. La séquence se poursuit par le discours de M. Wang Dong, Premier Conseiller à l’Ambassade de Chine au Cameroun, puis par le mot d’ouverture du Pr Mathias Owona Nguini, président de la première journée.










La leçon inaugurale : inscrire la BRI dans la longue durée
La cérémonie inaugurale culmine avec la leçon inaugurale du Pr Nkolo Foé, programmée sur le thème : « La longue histoire de l’amitié et de la fraternité entre l’Afrique et la Chine ». Le programme officiel et la liste des professeurs coordonnateurs identifient clairement cette intervention comme un temps fort de la matinée. Elle confère à l’ouverture une profondeur historique et philosophique, en replaçant la relation sino-africaine dans une temporalité longue plutôt que dans la seule actualité géopolitique.


La photo de famille : image-symbole du colloque
Le programme officiel prévoit explicitement une photo de famille à l’issue de la séquence inaugurale. Dans l’architecture visuelle du site, cette image doit devenir une photographie-signature de la première journée, voire de l’ensemble du dossier consacré au colloque. Elle condense à elle seule la dimension académique, diplomatique et institutionnelle de l’événement. Programme Officiel Colloque Int…

L’après-midi scientifique : penser les nouvelles routes de la soie
Après la pause-café de 11h30 à 12h30, la journée entre dans sa phase scientifique avec une session introductive consacrée à la compréhension des enjeux politiques du Plan de Dakar dans une Afrique francophone en mouvement et à l’Initiative la Ceinture et la Route. Le premier axe, prévu de 13h à 14h30, porte sur « Les nouvelles routes de la soie en Afrique francophone : entre sens, puissance et consistance » sous la modération du Pr Mathias Éric Owona Nguini.
Les communications annoncées donnent immédiatement la mesure du niveau de débat : Pr Hanse Gilbert Mbeng Dang sur le programme chinois « One Belt and One Road », Dr Sylvain Ndong Atok sur le rêve chinois comme projet de puissance, Pr Hilaire de Prince Pokam sur les nouvelles routes de la soie dans la construction du leadership international de la Chine, Pr Louis Dominique Biakolo Komo sur la BRI comme alternative et opportunité pour l’Afrique francophone, Dr Alain Elong sur la diversification des partenaires commerciaux, et Dr Stéphane Aloys Mbono sur les implications politiques de la coopération Chine–Afrique francophone autour de l’initiative.





Reconfigurations politico-stratégiques : le colloque entre dans le débat
De 14h40 à 15h50, le deuxième axe aborde « Les re-configurations politico-stratégiques des relations sino-africaines à l’ère de la BRI : changement de paradigme ou simple paradigme de changement ? », sous la coordination du Pr Nkolo Foé. Les interventions annoncées portent notamment sur la géopolitique et la géoéconomie des nouvelles routes de la soie avec Olivier Tombi à Sanam, sur l’engagement continu, l’investissement et le commerce chinois en Afrique avec Jimmy Yab, sur la reformulation des politiques publiques en Afrique avec Dr Charles Owona, sur les enjeux chinois et les opportunités africaines avec Dr Fabrice Onana Ntsa, ainsi que sur le discours de Xi Jinping et la communauté de destin sino-africaine avec Roméo Ondoua Seme.










ransformations historico-politiques : replacer la BRI dans les longues trajectoires
Après une pause-café, la première journée se prolonge avec un troisième temps scientifique, prévu de 16h15 à 17h30, consacré aux « transformations historico-politiques et politico-historiques de la BRI en Afrique francophone », sous la modération du Pr Alphonse Tonye. Les interventions portent sur la transformation des relations sino-africaines depuis 1955 avec Dr Bidias, sur Xi Jinping, OBOR et l’Afrique avec Dr Léon-Marie Nkolo Ndjodo, sur la diplomatie culturelle comparée Chine–Inde vers le Cameroun avec Delmas Tsafack, sur la coopération franco-camerounaise face à la percée chinoise avec Dr Youssouf Laplage Moumbagna, et sur l’adhésion des États ouest-africains à l’initiative avec Filomène Ebi N’Godo. Le programme se clôt ensuite par la fin de la première journée.
















La première journée a donc installé trois choses à la fois : une légitimité institutionnelle à travers la cérémonie d’ouverture, une profondeur historique à travers la leçon inaugurale et le troisième axe, et une densité géopolitique à travers les deux grands blocs de l’après-midi. Le programme officiel montre que cette journée a été pensée comme le socle conceptuel de tout le colloque : avant de parler économie, numérique, culture ou sécurité, il fallait d’abord clarifier le sens politique de l’Initiative la Ceinture et la Route pour l’Afrique francophone.
Cette journée inaugurale a fait plus qu’ouvrir le colloque. Elle a fixé son horizon intellectuel. En posant simultanément les questions de puissance, d’opportunité, de mémoire diplomatique, de leadership international et de reconfiguration stratégique, elle a donné aux travaux des jours suivants une base conceptuelle solide. C’est à partir de cette assise que les discussions sur l’économie, le développement vert, le numérique, la culture, la gouvernance et la sécurité ont pu se déployer avec cohérence.





























