Jeudi 26 mai 2022 — Palais des Congrès de Yaoundé
Du chantier au réseau : la BRI entre matérialité économique et futur numérique





La deuxième journée du colloque a constitué le moment où l’Initiative la Ceinture et la Route a pris ses formes les plus concrètes. Présidée par M. Xu Huajiang, General Manager of Central Africa Division of CHEC., elle a déplacé la réflexion vers les instruments effectifs du développement : coopération économique, commerce, industrialisation, infrastructures, transition verte, ressources naturelles, innovation technologique, connectivité et cybersécurité. Le programme officiel en fait une journée dense, structurée en trois grandes sessions, où la Belt and Road Initiative se donne à voir à la fois comme dynamique économique, comme enjeu écologique et comme horizon numérique pour l’Afrique francophone.













Le premier temps fort de la journée fut l’ouverture de la session consacrée à la BRI et la ceinture économique Chine–Afrique francophone, sous la modération du Pr Gabriel Eba Ebe. Cette séquence a été marquée par l’intervention de M. Xu Huajiang, General Manager of Central Africa Division of CHEC, sur l’engagement de China Harbour Engineering Company en Afrique dans le cadre de la Belt and Road Initiative. Placée à l’ouverture de la matinée économique, cette communication a donné à la journée son premier visage : celui de l’infrastructure, du chantier, de l’ingénierie et de la transformation concrète des espaces africains. Autour de ce premier spot majeur, sont également intervenus Dr Ekoto Julien sur l’équilibre de la coopération économique Chine–Afrique, Nguenkwe Ronie Bertrand et Gankou Jean-Marie sur le développement du secteur financier et la transformation structurelle dans la BRI, Dr Sylvestre Ngouo Ndadjo sur les relations commerciales Chine–Afrique, Dr Claude Aline Zobo sur la coopération commerciale sino-africaine du plan d’action de Beijing au plan d’action de Dakar et ses enjeux pour la ZLECAF, Dr Bernard Nguekeng sur les effets des échanges commerciaux avec la Chine sur l’industrialisation des pays d’Afrique francophone, ainsi que Pr Melingui Ayissi Norbert Aimé sur la stratégie de déploiement et la coopération commerciale de la Chine au Cameroun.






















La deuxième partie de la matinée, sous la coordination du Pr Yves Paul Mandjem, a approfondi la réflexion avec l’axe intitulé « La BRI et le développement économique en Afrique francophone : entre promesses et réalités ». Cette séquence a permis d’interroger les effets concrets de la coopération économique, à travers les interventions de Dr Moudjare Helgath Bybert sur les investissements directs étrangers chinois et les inégalités de revenus en Afrique francophone, Dr Sotherie Mengue Oleme sur la perception et les retombées du projet de la Ceinture et la Route en Afrique, Dr Ndikeu Njoya Nabil Aman sur les nouvelles routes de la soie et la croissance économique en Afrique subsaharienne via le canal des infrastructures de transport, Dr Mairaina sur l’aide chinoise au développement en Afrique centrale et ses conditionnalités, Pr Auguste Nguelieutou sur les conditions de faisabilité de l’initiative comme opportunité de développement pour le Cameroun, Dr François-Xavier Elong Fils sur la ceinture sino-camerounaise au regard du développement local et de la sécurité humaine, et Dr Romuald Francis Mvo’o sur la diplomatie des infrastructures sportives à partir du cas du Palais des Sports de Yaoundé. Cette séquence a donné à la matinée sa profondeur analytique en examinant non seulement les promesses du partenariat, mais aussi ses effets réels, ses conditions de réussite et ses enjeux de redistribution.
La deuxième session de la journée a ensuite ouvert le chantier du développement vert, sous la modération de M. Vincent Nkong-Njock. Dans l’axe consacré à la transition vers l’économie verte, sont intervenus Hubert Otele Essomba sur le financement de l’économie et des infrastructures en Afrique à partir du modèle et de l’apport de la Chine, Pr Hanse Gilbert Mbeng Dang et Dr Martin Raymond Mbog Ibock sur la diplomatie agricole chinoise en Afrique, Pascal Ella Ella sur la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine–Afrique entre développement vert, paix et liberté, Dr Ndam Iliassou sur la contribution chinoise au développement du secteur agricole au Cameroun, Pr Faustin Kenne et Jaff Lionel Leinyuy sur la coopération économique entre la Chine et les pays francophones d’Afrique à partir du cas de la coopération agricole sino-camerounaise, Yannick Fankem Fotso sur le développement durable et les responsabilités sociales des entreprises agricoles chinoises au Cameroun, ainsi que Dr Jolin Tafelefack sur la modernisation de la main-d’œuvre dans les activités de production agricole au Cameroun. Cette séquence a donné au colloque une profondeur écologique et agricole en rappelant que la coopération économique ne pouvait être dissociée des enjeux de durabilité, de souveraineté productive et de responsabilité sociale. Programme Officiel Colloque Int… Programme Officiel Colloque Int… Liste Officielle des Docteurs e… Liste Officielle des Docteurs e… Liste Officielle des Professeur…
L’après-midi s’est poursuivie avec l’axe « Biodiversité, ressources naturelles et protection de l’environnement », coordonné par le Pr Bounoung Fouda. Cette séquence a élargi la réflexion aux dimensions géostratégiques et environnementales du partenariat sino-africain à travers les interventions de Dr Bella Messina sur l’implication de la Chine dans la sécurisation maritime des côtes africaines, Dr Brice Techimo Tafempa sur les investissements chinois en Afrique centrale et la question des ressources naturelles, Brice Arnaud Folly sur le dilemme de conformité de l’exploitation minière de la Chine au Cameroun, Dr Alain Thomas Etamane Mahop sur les entreprises privées chinoises face aux défis d’exploitation et d’aménagement des forêts à l’Est-Cameroun, Dr Lionel Djibie Kaptchouang et Ulrich Kloran Akuekam sur la coopération Chine–Afrique face aux changements climatiques, ainsi que Michel Awono et Jean Emmanuel Minko sur la pénétration du projet de l’initiative dans le champ de l’action publique climatique en Afrique à partir du cas de la CDN au Cameroun. Ici, la journée a clairement montré que la BRI devait aussi être évaluée à l’aune de ses implications écologiques, minières, forestières, maritimes et climatiques.










Le second grand spot de la journée fut enfin la session sur la route digitale de la soie, placée sous la coordination du Pr Emmanuel Wonyu. Cette séquence a fait entrer le colloque dans les enjeux de souveraineté technologique, d’interconnexion et de modernisation numérique. Elle s’est ouverte avec l’intervention de Pr Mathias Éric Owona Nguini et Auxence Augustin Koa sur la Chine, la route, l’Afrique et la technologie, comme géopolitique critique du devenir technologique africain. Elle a été marquée surtout par la communication de M. Zhang, manager de Huawei, sur l’engagement de Huawei en Afrique dans le cadre de la Belt and Road Initiative. Avec Huawei, la journée a pris son second visage : celui de la connectivité, des réseaux, des données, du transfert technologique et des infrastructures immatérielles. Cette séquence a été prolongée par les interventions de Dr Manfred Kouty sur le transfert de technologies et le développement des routes digitales, Pr Benjamin Fomba Kamga et Charly Mengue sur la coopération économique Chine–Afrique francophone dans le développement du numérique, Dr Max Sinclair Mbida Onambele sur la stabilité cybernétique, Dr Martial Kadji Ngassam sur la contribution du digital au maintien des relations commerciales Chine–Cameroun pendant la fermeture des frontières due à la Covid-19, ainsi que Dr Emmanuel Mevo Mevo sur la protection des données à caractère personnel dans l’économie numérique sino-camerounaise. Cette dernière séquence a montré avec force que l’avenir du partenariat sino-africain se jouait désormais aussi sur le terrain des technologies, des réseaux et de la maîtrise du numérique.










Relue dans son ensemble, cette deuxième journée apparaît comme celle du passage de la route matérielle à la route immatérielle. Avec CHEC, la Belt and Road Initiative s’est incarnée comme puissance d’infrastructure, d’aménagement et de transformation économique visible. Avec Huawei, elle s’est reconfigurée comme puissance numérique, technologique et informationnelle. Entre ces deux pôles, les communications sur l’industrialisation, la ZLECAF, les investissements, l’agriculture, la transition verte, le climat, les ressources naturelles et la cybersécurité ont donné à cette journée une cohérence remarquable. Le 26 mai 2022 fut ainsi l’une des journées les plus incarnées du colloque, celle où la coopération Chine–Afrique francophone s’est révélée à la fois comme chantier économique, défi écologique et horizon technologique.





























